Cérémonie du 8 mai - Retours en images et en discours
Discours de Madame le Maire
Il est des dates qui ne s’effacent pas. Le 8 mai 1945 en fait partie.
Ce jour-là, après des années de guerre, de souffrances et de barbarie, l’Europe pouvait débuter son retour à la Paix.
La Liberté reprenait sa place. Et la République pouvait tenir, à nouveau, sa promesse.
Mais cette Victoire n’est pas tombée du ciel. Elle est le fruit d’une histoire collective rassemblée par des valeurs communes.
Une histoire faite de courage, d’engagement et de refus.
Le refus de la résignation. Le refus de la haine. Le refus de voir disparaître ce qui fait une Nation libre.
Toute cette histoire, notre histoire française, avait commencé bien avant 1945. Elle porte les traces juste avant le début de cette seconde guerre mondiale, d’une France qui, en 1936, avait voulu remettre la dignité humaine au cœur de la vie collective.
Puis la guerre est venue juste à ce moment. Elle a débuté, petit à petit par des montées en puissances de moments imperceptibles : dans la société, en politique, dans l’acceptation de ce qui semble aujourd’hui avec le recul : Inacceptable.
A la suite …. L’effondrement. L’occupation. La peur ont pris toute la place.
Pourtant, certains ont tenu face à cette peur, face à l’inconnu, face à la haine.
Certains ont commencé très tôt à se rassembler autour de l’idée de Résistance. Elle a trouvé des voix et, pour nous, ici, celle de Georges Guingouin et d’hommes, et de femmes rassemblés autour de lui.
Ils ont su dire non très tôt. Ils ont perçu l’innaceptable.
Sur notre territoire, alors que le Général de Gaulle rassemblait lui au niveau national, la Résistance a pris le visage de ces hommes et de ces femmes que nous avons connus, que nos familles ont connus.
Ici, engagés voulait aussi dire des actions du quotidien, toujours dangereuses, parce que personne n’était à l’abri de dénonciation.
Ici, des hommes et des femmes, les Légaux notamment, fournissaient des caches, hébergeaient, ou transportaient des hommes ou des renseignements. Ici, les agents de liaison, essentiellement des femmes, assuraient le lien entre les groupes de combattants.
Ici, autour de Georges Guingouin, l’instituteur devenu combattant de l’ombre, elles et ils ont dit non. Non à la soumission. Non à la barbarie. Non à l’inacceptable. C’est la Résistance populaire. La Résistance vivante. Celle qui s’enracine dans les consciences.
Et cette mémoire présente partout autour de nous et à chaque cérémonie. nous l’honorons en déposant, aux pieds des 5 stèles, des gerbes pour se souvenir.
Ces lieux ne sont pas seulement des pierres ou des plaques. Ils sont les traces concrètes de ce que des êtres humains ont été capables de fairesans jamais cherché la gloire ou la reconnaissance.
Mais, le jour du 8 mai 1945, lorsque Churchill - libérateur de l’Europe annonce la Fin de la Guerre, il dit dans le même discours :
« Cette victoire est la vôtre.»…. il parle de ces femmes et de ces hommes, que nous célébrons nous à Eymoutiers…
Il dit aussi « que nous pouvons nous autoriser un bref moment de joie » car il souhaite rappeler que la joie de la victoire ne doit pas faire oublier l’immense devoir qui commence, reconstruire. Reconstruire des institutions. Reconstruire une confiance collective. Reconstruire toute une Société. La nôtre. Celle d’aujourd’hui.
Chers collégiens, Vous êtes les héritiers de cette histoire. Cette mémoire vous appartient. À vous d’en faire une idée du monde de demain.
Bon courage à vous, nous serons là aussi… nous sommes là…
Mais je vous avoue que je suis bien incapable de vous expliquer pourquoi certains semblent répéter l’histoire…
Comment expliquer que tout est fragile, et que l’inacceptable est peut-être déjà là.
Que ce soit dans la bouche des grands, des dirigeants de pays de ce Monde ou dans les vidéos de jeunes politiques inconscients…
Comment expliquer… que le Monde semble devenu fou…comme l’Histoire ne nous avait rien appris, comment expliquer que cette cérémonie pourtant si simple, est essentielle et vaut mieux que mille tweets.
Les tensions sont là, fortes, dangereuses dans le Monde autant dans les réseaux sociaux…La paix devient à nouveau une question.
L’histoire nous a appris que la paix se construit. Elle se couve. Elle vit chaque jours dans le respect de chacun. Dans la transmission. Dans le refus des haines, des extrémismes et des replis. Et dans notre capacité collective à continuer à faire société.
Comment expliquer que rien ne vaut le respect de l’autre et la conscience de l’importance des valeurs humaines.
Aujourd’hui, nous rendons hommage et nous nous devons d’être à la hauteur. À la hauteur du courage. À la hauteur des exigences. A la hauteur de ce que nous devons, à notre tour, préserver.
Nous sommes réunis ici, place Jean Jaurès. Alors je terminerai par cette phrase qui résonne aujourd’hui, hier et demain :
« La paix est le plus grand des combats. » Combattons pour elle.
Vive la République. Vive la France.
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Introduction et déroulé
Monsieur le Sous-préfet,
Madame la Commandante de Gendarmerie de la Haute-Vienne,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs gendarmes, Madame le Major,
Mesdames et Messieurs les pompiers volontaires, enseignants, Monsieur le principal,
Madame et Messieurs les porte-drapeaux,
Madame la présidente de l’ANACR et les membres de l’association, les représentants de la FNACA,
Mesdames, Messieurs les représentants des associations,
Chers jeunes, élèves du collège Georges Guinguoin et des écoles Joséphine Baker d’Eymoutiers,
Mesdames et Messieurs,
Bonjour à vous toutes et tous, présents en ce jeudi 8 mai 2026.
En cette journée, nous commémorons le 81e anniversaire de la victoire, de la Paix.
Je vous remercie de votre présence.
Merci d’être là pour honorer la mémoire de celles et ceux qui se sont levés afin que nous puissions vivre dans un espace de paix et de liberté.
Lors de cette cérémonie, nous allons d’abord écouter les collégiens qui liront Victor Hugo,
et le message de l’UFAC
Les lecteurs sont :
Romane Desprès
Eole Panchal-Lanavère
Sekou Camara Ahmed
Julio Sebastiao Mauricio
Louise Gaschet
Tous élèves de 6ème B.
Rémi Turbé, de 5ème A,
Asmat Firozkeil de 5ème B
Et tous les chanteurs : Léa, Lucie, Asmat, Anatole, Jurelma, Catherine, Romane, Alice, et tous les lecteurs.
Je remercie sincèrement pour la préparation de cette cérémonie :
les professeurs Mme RIBIERAS et M. MONDOUT,
M.le principal M. PASCAL
Mme HACHANI
Mme la présidente de l’ANACR Monique MAGADOUX.
Ensuite, je dirai quelques mots puis je lirai le message de l’Etat
Et nous entendrons Le Chant des Partisans
Nous poursuivrons par l’hommage aux Morts avec les dépôts de gerbe de la commune et de l’ANACR ainsi que le dépôt de gerbe de l’ETAT par Monsieur le Sous Préfet, la sonnerie aux morts, la Marseillaise et notre salut aux porte-drapeaux.
Notre hommage continuera aux stèles de la bibliothèque, du Buchou, de Farsac et de la Condamine, avant de nous retrouver en salle d’honneur de la mairie.
Belle cérémonie à tous !
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Photos : Philippe TISSIER Philippe Tissier